Greenpeace International (avril 2011)

Rapport “how dirty is your data?

Fidèle à son positionnement, Greenpeace adopte une attitude plus provocatrice pour alerter le grand public et le responsabiliser. Cela confirme que les consommations énergétiques liées à l’Internet et aux nouvelles technologies sont entrées dans un débat sociétal.

 

Greenpeace International s’est penché sur les consommations énergétiques des data centers, centres de stockage, de traitement et transmission de données accessibles par tous via le web. Ces sites apparaissent comme les usines du 21e siècle, forcément consommatrices d’énergie pour la production de données : le data center d’Apple en Caroline du Nord consomme à lui seul plus que 250 000 foyers européens. Dans son étude Greenpeace vise plus particulièrement les opérateurs les plus impliqués dans les usages grand public comme Twitter, Amazon, Facebook, Apple, Google, etc.

 

Greenpeace s’appuie également sur un de ses rapports de 2010 : “Cloud computing and its contribution to climate change”, rapport épinglant les opérateurs grands consommateurs d’énergie, qui utilisent des sources ayant un impact carbone accru du fait de la consommation d’électricité issue du charbon.

 

Globalement, Greenpeace alerte sur les besoins de se pencher sur les sources d’énergie utilisées dans un contexte général de dématérialisation et de stockage de données dans le “nuage”. Mais il n’oublie pas de nous alerter sur les usages grand public, et donc sur les conséquences des comportements individuels.

 

D’après la société Wordstream (citée dans le rapport 2010 de Greenpeace), les usages de l’Internet associés au stockage en “cloud computing” équivaudraient à la consommation électrique d’un pays qui se situerait en 5e position mondiale, entre le Japon et l’Inde. Les data centers en service aux USA pourraient à eux seuls dépasser en une année la consommation électrique du Royaume Uni pendant un mois. Et les projections pronostiquent une croissance beaucoup plus rapide de sa consommation, peut-être un doublement voire un triplement en 2020 par rapport à 2007. Mais l’étude pointe aussi des usages en forte croissance qui touchent directement aux comportements individuels, comme les achats sur internet, les téléchargements, les vidéos consultées en ligne ou celles qui circulent avec les photos et autres messages via les réseaux sociaux. Pourtant, Greenpeace insiste comme d’autres sur les avantages de l’Internet, du transfert électronique qui vient en substitution du transfert physique, particulièrement par le télétravail et les téléactivités.

 

Les impasses sont mises en évidence, comme l'indique l’étude Alcatel-Lucent et Bell Labs “green touch, research trends for green networking”, 2011.

Au delà du recours aux empiriques lois de Moore qui concerneraient surtout les performances des composants électroniques, il apparaît clairement que la consommation énergétique liée aux transactions électroniques par Internet croît très rapidement, corrélativement plus vite que les progrès techniques des équipements, tant au niveau des composants qu’au niveau des routeurs.

 

L’étude d’Alcatel-Lucent rapporte la crainte de certains chercheurs que la consommation énergétique en vienne à limiter l’expansion de l’utilisation d’Internet.

 

Reprenant la comparaison avec une usine d’industrie, le data center est lui aussi une usine, dédiée à la gestion de données, où l’énergie consommée se répartit comme suit : 35% pour l’alimentation électrique et la climatisation, 54% pour la gestion des données, 11% pour les tâches de supervision.

 

Voir l'étude complète

 

 

 

Une production

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