Synthèse des études déjà réalisées

Les premières interrogations sérieuses apparaissent en 2006, et les premières mises en débat en 2008. Les études se sont multipliées et précisées depuis, dépassant les constats pour chercher les origines, d’abord dans ces gigantesques centres de stockage et de traitement de données numériques que sont les “data centers”, pour se tourner ensuite vers les comportements du fait de l’apparition de nouvelles pratiques de l’Internet, toujours plus gourmandes en énergie.

 

Petite rétrospective : les premiers exemples vraiment parlants remontant à 2008 demandaient à être recoupés : comme ceux donnés par un chercheur de l’institut berlinois IZT, dévoilés à l’occasion du CeBIT 2008 de Hanovre. Ils indiquaient qu’une requête moyenne sur Google reviendrait à la consommation d’une lampe basse consommation pendant une heure ou encore qu’un avatar entretenu sur Second Life consommerait en moyenne plus d’énergie qu’un habitant du Brésil. (À voir aussi : étude CUBIN pour le compte de National ICT Australia, 2008)

 

Les alertes se confirment en 2010 avec notamment une étude menée par l’Université de Bristol, puis un article du Science Daily (cf. infra).

 

Le débat monte en puissance en 2011 avec les interrogations qui s’élargissent et montrent combien le sujet est devenu complexe.

 

En voici deux exemples :

Selon «Science Daily», la consommation énergétique des médias de l’Internet pourrait atteindre près de 1200 Gwatts par an entre 2021 et 2030. Ce chiffre peut être discuté voire infirmé.

Le département “Computer Science” de l’Université de Bristol qui a mené cette étude s’est plus particulièrement intéressé aux services apportés au grand public : services disponibles en ligne, données accessibles en téléchargement, développement de la haute définition et diffusion via le réseau Internet, qui pourraient alors atteindre 3200 millions d’octets (3200 MB) par jour et par personne, ce qui pourrait contraindre à améliorer l’efficacité de l’infrastructure d’alimentation énergétique d’un facteur 60 !

 

On comprend qu’on puisse commencer à parler d’une nécessaire réduction du gaspillage énergétique lié au réseau Internet et à envisager des campagnes d’information pour inciter les internautes à opter pour des solutions moins énergivores. Les mêmes experts cités dans plusieurs de ces études soulignent aussi que cet impératif est également posé par souci d’équité, pour une répartition plus équitable des services liés à Internet pour tous les habitants de la planète. Les travaux ne font donc que commencer.

 

Dès 2009 le Guardian reprenait déjà cette inquiétude sur la demande énergétique croissante : “les fourniseurs d’information en ligne ont besoin de toujours plus de data centers et de serveurs (…) chaque serveur consomme plus d’énergie que celui de la génération précédente et chaque watt consommé coûte de plus en plus cher. Si on combine toutes les tendances, on va dans une impasse.”

 

Le modèle économique de ces grandes entreprises du numérique est encore menacé dans cette période actuelle de crises : une demande exponentielle de services gratuits menace leur équilibre, entre des revenus qui ne suivent pas toujours et des dépenses accrues, surtout quand la facture énergétique s’alourdit. Les géants du web sont très réticents à communiquer des informations sur leurs approvisionnements énergétiques, lesquels ne peuvent pas tous provenir d’énergies renouvelables. Cf. supra l’étude de Greenpeace.

 

Autres préoccupations : la voracité énergétique de l’Internet pourrait provoquer des défauts d’alimentation électrique, donc des dysfonctionnements du réseau et des coupures de communication. Heureusement il y a émergence d’initiatives. Exemple sans doute isolé mais significatif, des chercheurs de Cambridge travaillant pour Microsoft ont même récemment opté pour des technologies d’ordinateurs portables plus anciennes mais moins voraces. Certains reviennent dans des salles de formation à des logiques «client-serveur» qui permettent des économies d’énergie de plus de 50 %.

 

La prise de conscience s’étend ailleurs dans le monde, y compris de façon alarmiste. Cf. : Wordstream cité lors du dernier Earth Day : the Internet is killing the planet (maybe), 2011. Le pamphlet insiste sur des comportements individuels : ceux négatifs comme des recherches imprécises avec les moteurs de recherche ou l’ajout de données parasites comme les emoticons ; ceux positifs comme la vidéoconférence et le télétravail pour limiter les déplacements.

 

Si elle doit survenir, la méga-panne d’alimentation électrique ne sera évidemment pas due à Internet, qui continuera à n’avoir qu’une part modeste de la consommation globale. Mais cela n’exclut pas la responsabilisation de tous, c’est-à-dire de chacun.

 

Nous avons donc rassemblé des constats de comportements individuels et des recommandations pour que, chacun, nous puissions contribuer à la réduction de cette consommation énergétique.

 

Pour alléger le web …

 

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